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Pourquoi je me souviens…

Je me souviens…

 

Extrait du magazine La Griffe du Loup (CAPM)

Volume 1, numéro 1 (au milieu des années 1990)

Sommes-nous libres de rouler dans la Belle Province? Avec les menaces qui planent, ce n’est pas certain.

Les trois plus grandes menaces qui planent actuellement sur le monde de la moto au Québec sont l’augmentation du coût des plaques, l’homologation du silencieux et les interdictions de circuler. Le Comité d’action politique motocycliste (CAPM) a fait de ces menaces ses trois priorités.

Le coût des plaques. Le projet d’augmentation du coût des plaques d’immatriculation de moto a été annoncé par le PDG de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) au printemps 1999. L’augmentation prévue était de 100% pour les motos sport (que la SAAQ n’arrivait même pas à définir clairement). Il était évident que les autres types de moto auraient subi le même sort dans un avenir plus ou moins rapproché.

Cette annonce a mobilisé tous les types de motocyclistes à la Journée du loup IV qui se tenait à Québec. Le résultat de cette démonstration de solidarité et des démarches faites par le CAPM auprès du ministre des transports a été fructueux. Le 26 janvier suivant, le CAPM recevait une lettre confirmant que le ministre des transports acceptait ses demandes soit le sursis d’un an pour l’augmentation et une table de concertation réunissant les principaux intervenants du monde de la moto.

La principale raison pour que ce soit la priorité numéro un du CAPM c’est que suite à l’augmentation du coût des plaques motos de 40% en 1988, le nombre de motos immatriculées est passé de plus de 100 000 en 1988 à 52 828 en 1990. Ce fut un dur coup pour le monde de la moto. Ce qui n’est pas ou peu connu c’est que l’augmentation de 40% n’était que le début. La SAAQ avait comme projet une autre augmentation de 40% l’année suivante pour finir avec une augmentation de 20% la deuxième année. La table de concertation de l’époque a réussi à contrer ces deux augmentations. Une augmentation de 100% aurait des effets dévastateurs sur tout ce qui touche à la moto au Québec. Actuellement, nous sommes toujours sous un sursis qui a seulement été prolongé. Le projet n’a jamais été retiré.

Le rétablissement des cours obligatoires et un examen plus sérieux pour l’obtention du permis devraient améliorer le bilan routier des motocyclistes et enlever toute argumentation à la SAAQ pour augmenter le coût des plaques. Cependant l’expérience nous démontre qu’il faut toujours rester vigilant. En 1988 il y a eu une table de concertation de créée suite à l’augmentation de 40%. Les représentants de la SAAQ de l’époque s’étaient engagés à consulter les représentants des motocyclistes avant tout changement ou projet de changement dans la tarification. On connaît le résultat.

L’homologation. Le remplacement du silencieux d’origine par un équivalent d’un fabricant de pièces de remplacement est plutôt hasardeux. Les autorités utilisaient l’ancien règlement qui contenait le mot « d’origine » pour condamner les motocyclistes qui contestaient leurs contraventions.

Le CAPM a fait changer ce règlement et le mot d’origine n’y apparaît plus. Malheureusement l’application du règlement se fait encore dans le même sens. Les contraventions sur les silencieux sont basées sur la non-conformité du silencieux (pas d’origine) et non pas sur le bruit. En clair, si ce n’est pas d’origine c’est illégal. Le fait que le règlement ait été changé mais que les autorités continuent de distribuer des contraventions sur la base de la pièce d’origine démontre bien que c’est le principe de l’homologation qui est appliqué. En Europe, certains pays sont aux prises avec une homologation totale ou partielle de la moto.

Dans chaque cas c’est le silencieux qui a été le premier homologué et le reste de la moto a suivi. C’est pourquoi il ne faut pas laisser passer cette injustice qui nous empêchera de remplacer les pièces d’origine par des pièces de remplacement moins dispendieuses ou tout simplement de personnaliser notre moto. L’homologation entraîne une augmentation du coût de l’entretien puisqu’il faut installer les pièces d’origine, le plus souvent plus dispendieuses que des équivalents de remplacement.

Les interdictions. Qui n’a pas déjà eu à faire un détour ou rebrousser chemin à cause d’une interdiction. Il y a les interdictions bien visibles sur les affiches mais il y a aussi des règlements qui ne sont pas affichés. Ceux qui limitent la circulation des motos en groupe de plus de 2 ou 5, selon la municipalité, sont un exemple.

Le CAPM a renversé plusieurs de ces règlements qui sont comme de la mauvaise herbe, ils repoussent pratiquement plus vite qu’on les enlève. Les types d’interdictions sont nombreux. Il y a celles qui interdisent la circulation en tout temps, celles qui la limitent à certaines heures, il y a les interdictions de stationner, etc. À quoi nous serviraient de ne pas payer trop cher nos plaques d’immatriculation et de pouvoir personnaliser notre moto si nous ne pouvons plus rouler que sur les autoroutes. Pour pouvoir faire de la moto il faut être capable de l’immatriculer, il faut ensuite être capable de l’entretenir et finalement il faut être capable de rouler ailleurs que dans sa cour.

Il y a, bien sûr, d’autres dossiers qui préoccupent le CAPM. Cependant ce sont ces derniers qui sont la priorité actuelle.

Pierre Tourigny,

Rédacteur en chef La Griffe du Loup